Le temple de Mithra et ses mystères

Une conférence de la Société des Amis des musées de Bordeaux
Vendredi 1er février à 18h à l'Athénée municipal

Conférence proposée par Anne Ziéglé, conservateur des collections antiques au musée d'Aquitaine.

En mars 1986, un chantier de fouilles archéologiques a révélé cours Victor Hugo à Bordeaux des vestiges cultuels d’époque romaine surprenants. Trois jours avant la clôture du chantier, la découverte d’une tête sculptée coiffée du bonnet oriental permettait d’identifier un vaste sanctuaire souterrain dédié au dieu Mithra.

 Les sculptures mises au jour se révélèrent non moins surprenantes et d’une qualité tout à fait exceptionnelle. Leur signification ne s’explique que par l’analyse des rares textes antiques dont nous disposons et par d’autres découvertes mithriaques, à Bordeaux même, et surtout ailleurs dans le monde.
Cette religion est curieusement peu connue aujourd’hui, alors qu’elle a sérieusement concurrencé le christianisme dans l’Antiquité, car elle est restée en grande partie encore énigmatique.
Le mithriacisme est une religion à mystères pénétrée d’astrologie, venue d’Orient depuis l’Inde – où elle est pratiquée encore de nos jours – en passant par l’Iran ancien et l’Asie Mineure, avant d’être importée en Occident à l’époque romaine.
Il n’existe pas de texte décrivant la doctrine et les rites qui demeurent encore en grande partie énigmatiques, mais Mithra symbolise la victoire du Bien sur le Mal.

Sa figuration la plus connue est celle du tauroctone, sacrifice du taureau par Mithra, réalisée selon une organisation picturale elle aussi rituelle, mais qui peut comporter des variantes, comme le montrent les nombreux exemplaires connus, le long des frontières de l’Empire romain ou à Rome même. C’est la seule représentation qui n’a pas été retrouvée dans le temple de Bordeaux par les archéologues.
Pour assister ou participer à la liturgie, les adeptes devaient au préalable avoir subi une initiation, et étaient amenés à gravir les 7 degrés leur procurant une place précise dans la hiérarchie jusqu’au rang suprême de « Pater ». Liés par un serment, les fidèles devaient s’entraider comme les frères d’une loge maçonnique.

Le plus grand sanctuaire découvert en Gaule est celui de Bordeaux, mis au jour en mai 1986, dont la statuaire, de grande qualité, est présentée aujourd’hui au musée d’Aquitaine.

 

Pour plus de renseignements http://www.amis-musees-bordeaux.com/nos-conferences/

Autel de Mithra léontocéphale, coll. Musée d'Aquitaine, photo de J.M. Arnaud mairie de Bordeaux

Autel de Mithra léontocéphale, coll. Musée d'Aquitaine, photo de J.M. Arnaud mairie de Bordeaux