Boucle de ceinturon
anonyme, 19e siècle, laiton fondu
En mai 2025, une nouvelle séquence muséographique était inaugurée au musée, consacrée à l’histoire d’Haïti et aux enjeux liés à son indépendance.
Une plaque-boucle de ceinturon y est notamment exposée, acquise par l’Association des Amis du musée d’Aquitaine.
En 1801, la France envoie à Saint-Domingue un corps expéditionnaire d’environ 25 000 hommes sous le commandement du général Leclerc. Il s’agit de rétablir l’autorité de la métropole, en réaction à la Constitution proclamée par Toussaint Louverture. Ce dernier parvient à organiser les insurgés, libérés de l’esclavage, en une véritable armée, qui adopte des tactiques de guérilla en milieu forestier : les embuscades sont montées par de petits groupes rapides et mobiles, connaissant parfaitement le terrain. Cette stratégie s’avère très efficace contre des forces françaises peu habituées à ces opérations ainsi qu’à l’environnement tropical.
La scène représentée sur la plaque-boucle illustre l’un de ces affrontements. On y distingue plusieurs combattants en action : à gauche des soldats français chargeant à la baïonnette et à droite des combattants insulaires qui surgissent du couvert végétal. La violence du combat est soulignée au centre par l’enchevêtrement de soldats tués ou blessés.
L’oeuvre est une sorte d’instantané d’un combat précis. Elle reproduit en relief un dessin de Karl Girardet, gravé par Jean-Jacques Outhwaite, qui figure la bataille de la Ravine-à-Couleuvres du 23 février 1802. Cette bataille, remportée difficilement par les troupes françaises, annonce pourtant leur prochain échec en raison de la ténacité des Haïtiens. Elle occupe une place majeure dans la mémoire de l’indépendance haïtienne conquise de haute lutte en 1804.
Par Christian Block, conservateur chargé des collections médiévales et modernes.
Présentation de la gravure qui est représentée sur la boucle de ceinturon