Autel à la Tutelle de Bordeaux
1er siècle après Jésus-Christ
Cet autel des Bituriges Vivisques revêt une importance cruciale pour l’histoire de Bordeaux. C’est le premier autel à mentionner le nom des habitants de Bordeaux à l’époque romaine : les Bituriges Vivisques.
Un autel consacré au Génie de la cité
Cet autel devait être situé sur le forum de Bordeaux, véritable centre administratif et religieux de la cité, bordé de bâtiments officiels et orné de représentations honorifiques. Il servait lors des commémorations célébrant la fondation de la cité. Elles étaient organisées tous les deux ans et réunissaient les personnages importants de la cité. A cette occasion, vin et nourriture du sacrifice sont offerts aux deux génies protecteurs de la nation et de la cité. Ces processions et ces cérémonies sont importantes puisqu’elles assurent la cohésion civique et religieuse de la cité.
Le texte inscrit sur l’autel est une dédicace à l’empereur régnant et au Génie de la cité des Bituriges Vivisques. Deux lignes semblent avoir été effacées a posteriori. Le texte actuellement lisible est : AVGVSTO SACRVM / ET GENIO CIVITATIS / BIT (VRICVM). VIV (ISCORVM). « Consacré à Auguste et au Génie de la cité des Bituriges Vivisques ».
Son décor participe aussi à sa notoriété. Une couronne de chêne de facture exceptionnelle est située à l’arrière. De chaque côté de l’autel se trouvent les ustensiles à libation qu’utilise le prêtre : l’aiguière à gauche et la patère à droite qui est ornée d’un génie ailé. Ces accessoires permettent de répandre le vin et les offrandes sur le foyer situé au sommet.
Une des premières pièces du Musée d’Aquitaine
Cet autel est le tout premier vestige à être conservé officiellement. Sa notoriété s’étend à travers toute l’Europe dès 1534 et lui vaut d’être le premier vestige conservé officiellement pour être exposé à l’hôtel de ville dès la fin du 16ème siècle. En 1781, il est la pierre de fondation du Musée d’Antiques de la Ville. Il peut ainsi être considéré comme la pierre de fondation du musée d’Aquitaine.