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Vue du tableau de l’inconstance des mauvais anges et démons.

Tremblez, tremblez ! Les sorcières sont parmi nous

Exposition du 15 octobre 2026 au 23 mai 2027

1609, Bordeaux. Une commission d’enquête dépêchée par le parlement de Guyenne, sur ordre du roi Henri IV, se rend au Pays basque pour « purger le pays de tous les sorciers et sorcières sous l’emprise des démons ». Des femmes, surtout, mais aussi des hommes, notamment des curés, sont les victimes de ces jugements expéditifs. 
Commence alors la traque des « filles du diable » qui enflamme le Sud-Ouest, le royaume de France et toute l’Europe occidentale du 15e au 17e siècle. 

Les filles du diable

Dans l’Antiquité gréco-romaine, femmes et magie tissent une histoire complexe, entre puissance, méfiance et vengeance. Plus tard, au Moyen Âge, il n'y a pas encore de chasse organisée mais déjà des figures marginales. Les femmes guérisseuses, « bonnes femmes », sages-femmes, croisent les regards suspicieux du pouvoir ecclésiastique. Loin d’être diabolisées, elles sont surveillées.
Dans le Sud-Ouest, terre de passages et d’hérésies, la figure de la sorcière émerge. La chasse n’a pas encore débuté mais déjà apparaissent les premières figures du soupçon, et avec elles les premières condamnations. À partir du 15e siècle, le soupçon devient certitude et la sorcière, ennemie de Dieu. Naissent alors les "filles du diable", résultat d'une construction religieuse, politique et misogyne.  Le Diable, figure plus présente, s’infiltre dans les peurs collectives et la sorcellerie devient hérésie, punissable de mort.

De la sorcellerie à la culture pop

Au 18e siècle, les sorcières existent toujours mais les bûchers se sont éteints. Elles se font plus discrètes et plus domestiques. C'est l'époque de la  « sorcellerie de voisinage », celle qui soigne et guérit, invente et réinvente une médecine populaire. Le savoir se transmet oralement, de mère en fille, dans les cuisines et les greniers, entre herbiers, potions et grimoires. Dans les campagnes du Sud-Ouest, on consulte des rebouteuses, des désenvoûteuses et des cartomanciennes.
Au 19e siècle,  la figure de la sorcière fascine toujours et revient en force dans l’art et la littérature. Elle entre alors dans l’imaginaire collectif et devient un symbole poétique, entre souffrance et liberté. Plus tard, à la fois inquiétante et attirante, l'image de la sorcière infuse dans la culture populaire contemporaine, de Blanche-Neige à Charmed, de Loïe Fuller à Harry Potter...
Dans les années 1970, la sorcière renaît également comme symbole de lutte. Se reconnaître sorcière devient un acte de résistance. Aujourd'hui, elle existe autrement : elle ne brûle plus, elle écrit, elle manifeste, elle soigne.  
 

Informations pratiques

Tarif : 8 € 
Tarif réduit : 4,50 €. Le tarif réduit s’applique pour :  

  • Les groupes d’adultes de 10 personnes et plus
  • Les demandeurs d’emploi
  • Toute entrée effectuée moins d’une heure avant la fermeture du musée
  • Lors d’une fermeture partielle des collections permanentes  

Tarif étudiant (-26 ans)* : 2 €. Sur présentation d’un justificatif (carte étudiante avec pièce d’identité ou certificat de scolarité) 

Gratuit pour : 
- les jeunes de moins de 18 ans
- Les personnes en situation de handicap et leur accompagnateur
- Les bénéficiaires de minimas sociaux 
- Les titulaires de la Carte jeune Bordeaux Métropole