Madame Vigée-Lebrun et sa fille
Largement oubliée au 19ème et 20ème siècles, Élisabeth Vigée Lebrun est pourtant une artiste incontournable du 18ème. Son style simple mais raffiné casse les codes traditionnels du portrait de famille caractérisé par des poses officielles.
Peint en 1789 à la demande du comte d’Angiviller, Directeur des bâtiments du roi, Marie Vigée Lebrun et sa fille est actuellement exposé au musée du Louvre.
Un tableau à l’éloge de la tendresse maternelle
En 1786, Élisabeth Vigée Lebrun réalise un premier autoportrait en compagnie de sa fille qui sera exposé au Salon l’année suivante. Ce tableau fait parler de lui, à une époque où l’amour maternel, jusque-là peu représenté dans l’Art, est glorifié. Le sujet de l’éducation des enfants est soulevé dans l’œuvre de Rousseau, Émile ou De l’éducation, publié en 1762. L’auteur y valorise une éducation par la famille plutôt que par des gouvernantes.
Ce second autoportrait avec sa fille les représente une nouvelle fois enlacées et souligne la tendresse qui les unit, Élisabeth ayant élevé elle-même sa fille. La robe à l’antique d’Élisabeth laisse transparaître le style du néoclassicisme, courant artistique qui s’intéresse particulièrement à l’Antiquité.
Élisabeth Vigée Lebrun, femme artiste dans un monde d’hommes
Élisabeth Vigée Lebrun (1755-1842) se passionne dès son plus jeune âge pour la peinture, passion introduite par son père, Louis Vigée, lui-même pastelliste et membre de l’Académie royale. Dans les années qui suivent la mort de son père en 1767, elle intègre l’Académie de Saint-Luc et se fait petit à petit connaître avant de devenir la portraitiste officielle de la reine Marie-Antoinette. Elle se consacre aux portraits, principalement ceux de femmes ou d’enfants.
En 1783, elle est admise à l’Académie royale de peinture et de sculpture qui compte alors que très peu de femmes. A cette époque, les femmes-peintres ne sont pas rares. Les ateliers et le Salon leur sont ouverts et elles reçoivent des commandes prestigieuses qui leur vaut la reconnaissance de leurs contemporains. Si elles sont cantonnées à certains genres alors considérés comme typiquement féminins, elles s’adonnent aussi à ceux en vogue tels que le portrait et la peinture troubadour qui s’attache à représenter des scènes historiques médiévales. Connues et reconnues à partir du milieu du 18e siècle, les femmes-peintres sont de nouveau invisibilisées dès la seconde moitié du 19e siècle.
Lorsque la Révolution française éclate, Élisabeth Vigée Lebrun fuit le pays et trouve refuge dans plusieurs Cours européennes. Elle rentre en France après plus de 10 ans d’exil et y meurt à l’âge de 87 ans.