Cippe du sculpteur Amabilis
Milieu du 2e siècle
Cette stèle en pierre, appelée cippe du fait qu’elle englobait une urne funéraire, est découverte en 1826 lors de la destruction du rempart romain situé rue Guillaume-Brochon à Bordeaux.
Un monument funéraire
L'épitaphe est inscrite sur le fronton arrondi et les bords supérieur et inférieur de la niche : D(IIS) M(ANIBVS) . M(ARCO) SE(CVNDINIO ?) AMABILI SCV(LPTORI) . AMANDVS FR[A(TER)] CVRAV[IT] « Aux dieux Mânes, Marcus Secundinius (?) Amabilis, sculpteur, Amandus son frère a pris soin (d’élever ce monument) ». Les dieux Mânes président à la protection du défunt dans sa traversée vers l’Au-delà. Cette épitaphe nous indique à la fois le nom de celui qui est représenté – Amabilis – et de celui qui lui a dédié ce monument funéraire – son frère Amandus, lui aussi sculpteur.
Le sculpteur Amabilis
Ce haut-relief met en scène le sculpteur Amabilis. Il est figuré barbu, coiffé d’un bonnet d'où dépassent d'épaisses boucles de cheveux rejetées sur les côtés. Il est vêtu d’un sagum qui est une tunique de type gaulois destinée aux travailleurs de force. Il est aussi vêtu d’un équipement de sécurité selon les obligations en vigueur : un bonnet épais (en feutre le plus souvent), un tablier de cuir et des chaussures renforcées.
Représenté assis sur un banc, il se détache du fond d'une niche profonde. De sa main droite, il s’apprête à frapper avec un maillet le ciseau qu’il tient dans l’autre main. Il semble donc sculpter son propre monument funéraire.
Les chapiteaux de pilastre qui ornent les quatre angles sont sculptés en méplat. Les traces d'outil sont nombreuses et révèlent l'emploi de pic, gradine, ciseau… Elles ont peut-être été laissées délibérément apparentes pour symboliser les traces laissées par le sculpteur après sa mort. Cette représentation est en quelque sorte une mise en abîme.