Le trésor de Garonne
2e siècle après J.-C.
Ce trésor monétaire antique est constitué de 4 001 pièces d’orichalque (ou laiton) dont la majorité date du 2ème siècle. Elles sont découvertes par hasard en 1965 lors d’un dragage dans la Garonne et ont été recueillies entre 1965 et 1970 au niveau de Quinsac, Camblanes et Cadaujac. Certaines ont même été retrouvées dans des constructions utilisant la grave extraite de la Garonne.
Un vrai travail de romain !
Une grande partie de ces monnaies est sauvée grâce aux campagnes de récupération menées par Robert Etienne, professeur d’université. Après l’étude menée par l’Université, le musée a entrepris un long travail de récolement. Les 4001 pièces qui constituent ce trésor ont toutes été, une par une, photographiées, décrites et inscrites dans une base de données !
Un « trésor » issu d’un malheureux naufrage
Dès l’époque romaine, la Garonne permet à Burdigala de bâtir sa prospérité fondée sur le commerce avec le reste de l’Empire. Le trafic y est intense. Entre 170 et 176, un navire marchand circulant en amont de Burdigala prend feu. Le bateau et la cagnotte du marchand auquel il appartenait sont entraînés au fond de la Garonne. Il faut attendre près de 19 siècles avant qu’elles réapparaissent à la surface !
Les monnaies, symbole de la puissance idéologique de Rome
Ce « trésor » est composé de sesterces. Ce sont des monnaies romaines mises en circulation depuis l’empereur Claude (41 à 54 apr. J-C) jusqu’à l’empereur Antonin le Pieux (138 à 161 apr. J-C). Elles sont frappées du portrait de l’empereur et leur circulation à travers tout l’Empire permet de le faire connaître et de fédérer les provinces. La circulation des monnaies à l’extérieur de l’Empire romain glorifie la puissance de Rome.
Au revers, les monnaies affichent le message idéologique impérial qui exalte les vertus du régime. Ainsi, les habitants des différentes provinces reconnaissent, adoptent et assimilent plus facilement la mentalité romaine.
Les monnaies de valeur sont à l’origine frappées à Rome sous l’autorité du Sénat. Celles produites par l’atelier de Lyon sont placées sous tutelle impériale. Mais pour les sesterces, ce sont les ateliers provinciaux qui sont sollicités.