La statue de Cautopatès
2e – 3e siècle après J.-C.
Cette statue a été découverte en 1986 en plein centre-ville de Bordeaux (cours Victor Hugo) lors de fouilles réalisées après la destruction de l’immeuble des anciens magasins Parunis. Elles ont révélé un temple avec toute sa statuaire. Daté de l’extrême fin 2ème siècle, ce temple avait été creusé profondément dans la roche du sous-sol, au-dessous d’une habitation qui lui était bien antérieure (1er siècle).
Cautopatès, personnage du culte de Mithra
Cautopatès est, avec Cautès, l’un des deux compagnons qui entourent le dieu Mithra. Le culte de ce dieu est d’origine orientale (Inde, Perse, en passant par la vallée de l’Indus et la Grèce jusqu’à Rome et la Gaule). Il connaît un essor considérable dans tout l’Empire romain à partir de la fin du 2ème siècle. Il s’éteint au cours du 4ème siècle, concurrencé par le christianisme, bien qu’il soit lui aussi monothéiste et promeuve la croyance en la rédemption dans l’Au-delà.
Ce culte à mystères est pénétré d’astrologie et caractérisé par des rites d’initiation et une célébration marquée par le sacrifice d’un taureau et un repas rituel. Il se déroule dans des grottes ou des sanctuaires enterrés où seuls les hommes y seraient admis. Il célèbre la lumière et la force et prône les valeurs de fraternité, d’égalité et de loyauté. Il connaît un grand succès auprès des soldats, des commerçants et des voyageurs pénétrés de ces rites adoptés depuis l’Orient.
Porteur de torche et symbole du crépuscule
Cette statue de calcaire présente Cautopatès selon l’usage : il est habillé à l’orientale, comme le dieu Mithra lui-même, avec bonnet phrygien et cape peints en rouge.
Cautopatès et Cautès sont tous les deux des porteurs de torche et encadraient la scène du sacrifice du taureau par Mithra (tauroctonie). Cautopatès tient sa torche baissée et représente le crépuscule, l’automne, la mort. À l’inverse, Cautès porte sa torche levée et symbolise en symétrie la lumière, le jour, le renouveau.