Lettre de dénonciation

La rareté de ce document conservé au Centre national Jean Moulin réside dans l’acte de résistance qui suit l’acte de dénonciation. 

Un combat symbolique entre Collaboration et Résistance

Le gendarme ou le policier destinataire de cette lettre de dénonciation n’hésite pas, en dépit des risques, à prévenir immédiatement la victime de sa mise en danger. Son mot s’accompagne d’un rappel des mesures de prudence sur la divulgation d’informations à des amis ou de la famille, témoignant ainsi du climat suspicieux qui règne alors en France. La signature du délateur « Un partisan de la collaboration » et celle du gendarme « Pour La France » se confrontent symboliquement et illustrent les enjeux du combat qui oppose Résistants et Collaborateurs.

La délation sous l’Occupation

La délation est un phénomène largement répandu en France sous l’Occupation. Les autorités allemandes et celles de Vichy encouragent les Français à dénoncer tous ceux dont l’origine, l’action ou l’opinion contreviennent à l’idéologie du régime. Les Juifs, les communistes et les résistants sont les premiers visés. Les lettres de dénonciation, toujours anonymes, servent parfois à des règlements de comptes. 

« J’ai l’honneur de vous avertir que Mr xxxxxxxx demeurant chez Mr xxxxxxxxx au Pinier C.ne de Laruscade (G.de) possède de son propre aveu des explosifs cachés je crois dedans ou sous les mangeoires de son étable et dit pouvoir s’en procurer d’autres. »

Un partisant (sic) de la collaboration

Monsieur. On vous dénonce pour posséder de votre propre aveu des explosifs que vous cachez dans ou sous les mangeoires de votre étable, vous pouvez paraît-il de votre propre aveu toujours vous en procurer d’autres. Si la chose est vraie, changez-les de place immédiatement et n’en dites rien à qui que ce soit ni famille ni amis. Ne comprenez-vous pas que vous risquez votre vie et celles d’autres peut-être et cela pour le seul plaisir de parler ou de paraître plus motivé qu’un autre. Ce n’est pas fort. Faites cela sans délai car voyant que vous n’êtes pas inquiété votre dénonciateur peut récidiver. Et surtout taisez-vous.
Pour la France »

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Description

Un exemple de lettre de dénonciation anonyme, papier, impression et manuscrit, 1943 – 1944

© Lysiane Gauthier - mairie de Bordeaux, collections Centre national Jean Moulin