Les dessins de Auguste Rodin : « Les Hérétiques »
En 1897, la maison Goupil édite, en tirage limité, les dessins de Auguste Rodin inspirés par La Divine Comédie de Dante. La collection Goupil conserve l’album de 129 planches photogravées d’après les dessins mais également les bons à tirer ayants servi à la réalisation de La Porte de l’Enfer. Le bon à tirer est l’épreuve soumise à l’approbation de l’artiste : quand tout est conforme, il la signe et y appose la mention « bon à tirer » ou « BAT ». Nous avons ici le bon à tirer de la planche 10, d’après le dessin « Les Hérétiques », signé par Rodin. Les ombres, puissamment rendues, semblent s’entredéchirer en une lutte aussi inutile qu’éternelle.
La Porte de l’Enfer inspirée de La Divine Comédie de Dante
Œuvre majeure du Moyen Age, La Divine Comédie a inspiré de nombreux artistes au fil des siècles (Delacroix, Botticelli, di Michelino…) dont Auguste Rodin. Cette œuvre, composée en trois parties, raconte le voyage de l’Enfer au Paradis parcouru par son auteur : Dante. De son vrai nom Durante degli Alighieri, celui-ci est un auteur florentin du 13e et début 14e siècles.
L’Enfer est la première partie de La Divine Comédie. La description qu’en fait l’auteur est influencée par la représentation biblique et mythologique du monde des damnés. L’Enfer de Dante est divisé en neuf cercles s’enfonçant sous terre. Le premier est celui des Limbes, réservés aux enfants morts sans avoir été baptisés. Les huit autre représente chacun un péché ; de la luxure à la traitrise. Cet ouvrage, riche en allégories et en symbolisme, inspire directement Rodin pour la réalisation de La Porte de l’Enfer que lui a commandé l’État en 1880 pour le futur musée des arts décoratifs. Œuvre monumentale, elle demeure inachevée du vivant de Rodin et ne sera finalement pas livrée.
Auguste Rodin
Auguste Rodin (1840-1917) est considéré comme le père de la sculpture moderne. Née en 1840 à Paris, il débute très tôt sa formation artistique. Trois fois refusé à l’école des beaux-arts, il intègre des ateliers renommés en tant que praticien. Ce n’est qu’à partir des années 1880 que ses œuvres personnelles connaissent du succès, notamment son célèbre chef d’œuvre, Le Penseur. Il reçoit de nombreuses distinctions en France et à l’étranger dans la décennie qui suit.
Ses processus de création se démarquent des codes artistiques du 19e, ce qui lui vaut aujourd’hui encore sa renommée. Rodin aime le mouvement, l’irrégularité des expressions, les nus, l’inachevé et les agrandissements.