« Le Bon graveur » ou « Le Lithographe »

Cette estampe originale, traitée dans un clair-obscur qui rappelle Rembrandt, exprime la spontanéité du crayon de l’artiste. Pour réaliser cette œuvre, Toulouse-Lautrec a utilisé le procédé de la lithographie qui consiste à dessiner avec un crayon gras sur une pierre calcaire. Le geste apparaît ainsi plus libre que la gravure qui, elle, implique d’inciser une plaque de métal. Le sujet de cette œuvre est Adolphe Albert, ami de Toulouse-Lautrec, avec qui il a côtoyé les mêmes ateliers de maîtres lors de leurs années de formation artistique.

Henri de Toulouse-Lautrec

Amoureux passionné de Montmartre et de sa vie nocturne, Toulouse-Lautrec (1864-1901) est considéré comme le précurseur de l’affiche illustrée et publicitaire. Née en 1864 à Albi, il se passionne dès son plus jeune âge pour le dessin et la peinture. L’amitié qui lie son père à René Princeteau, lui permet d’avoir pour premier maître ce célèbre peintre de chevaux. Par la suite, il met à profit son talent à Paris dans les ateliers de Léon Bonnat puis de Fernand Cormon. Nombreuses sont ses œuvres qui représentent les soirées dansantes et les grands noms qui côtoient et travaillent dans les cabarets de Montmartre ; artistes, bourgeoises comme prostituées. 

Dessinateur, peintre, aquarelliste, caricaturiste, Toulouse-Lautrec s’attèle à la lithographie à partir des années 1890. Son affiche Moulin-Rouge, la Goulue connait un tel succès qu’il se lance dans la création d’affiches durant cette même décennie.

Toulouse-Lautrec et la Maison Goupil

Les deux derniers directeurs de la Maison Goupil, Maurice Joyant et Michel Manzi, sont des amis d’artistes de leur temps dont fait partie Henri de Toulouse-Lautrec. Ils infléchissent l’orientation artistique de la firme vers une plus grande modernité. S’ils ont joué un rôle important dans l’avenir de la Maison Goupil, Maurice Joyant a également contribué au succès de Toulouse-Lautrec, de son vivant mais surtout pour sa postérité. Il organise des expositions des œuvres de son ami, milite pour l’ouverture d’un musée qui lui serait dédié (actuel musée Toulouse-Lautrec à Albi) et publie une bibliographie du peintre. 

La Maison Goupil retranscrit certaines des œuvres de Toulouse-Lautrec en lithographie, telles que L’Anglais au Moulin-Rouge ou Au Moulin-Rouge. Entre 1897 et 1898, elle édite cinq de ses lithographies, dont Le Bon Graveur.

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Description

Le Bon graveur. Henri de Toulouse-Lautrec. 1898. Lithographie au crayon. Nº Inventaire :  97.I.1.1

© Bernard Fontanel - Mairie de Bordeaux