Pollice Verso

Peint et acheté par la maison Goupil en 1872, cette œuvre s’inscrit dans une série de peintures de Gérôme s’intéressant tout particulièrement au monde des jeux de cirque de la Rome antique. Pollice verso inspire encore aujourd’hui la représentation faussée que nous nous en faisons.

Un tableau à l’origine du mythe pollice verso

Le tableau met en scène deux gladiateurs dans l’arène du Colisée. Celui au sol, vaincu, est un rétiaire, un gladiateur qui se bat avec un trident, un poignard et un filet. Le vainqueur est un mirmillon, il est armé d’une épée, d’un bouclier et d’un casque. De son pied, il terrasse son adversaire mais son corps est tourné vers le public. Au premier rang, se trouve la loge de l’empereur et, à sa gauche, les vestales. Ces prêtresses de la déesse Vesta sont reconnaissables à leur robe et leur voile blancs. 

En réalisant cette œuvre Gérôme a engendré l’idée faussé du pouce baissé (polliceverso en latin) comme verdict donné par le public, les vestales et l’empereur pour voter la mort du vaincu. En réalité, la mort d’un gladiateur était très peu souvent donnée et elle était choisit par la personnalité qui représentait l’autorité en agitant un mouchoir. Pourtant, la réalité qui transparaît dans ce tableau a convaincu le public et continue d’inspirer les producteurs de péplum qui participent à la diffusion de ce mythe encore bien ancré dans nos esprits.

Jean-Léon Gérôme, grand peintre et gendre de Goupil

Grand passionné de l’Orient, Jean-Léon Gérôme (1824 - 1904) est une des figures majeures de la scène artistique française de la seconde moitié du 19e siècle. Il est connu pour ses scènes historiques très réalistes. Il débute son apprentissage dans l’atelier de Paul Delaroche et se fait connaitre à partir de 1847 lorsqu’il expose au Salon Jeunes Grecs faisant battre des coqs. 

En 1863, il épouse Marie, une des filles d’Adolphe Goupil et va largement bénéficier du système efficace de distribution de l’image de son beau-père. En effet, Goupil a ouvert une galerie d’œuvres d’art dès 1846. Il achète ainsi des tableaux aux artistes, les fait reproduire dans ses ateliers et vend les œuvres originales et leurs reproductions. Comme il possède des succursales à New York, Londres, Berlin, La Haye et Bruxelles, la diffusion des images prend un caractère international qui permet aux artistes de se faire connaître par un large public. Les tableaux de Gérôme, grâce à Goupil, se sont surtout vendus aux États-Unis.

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Description

Pollice Verso. Jean-Léon Gérôme. 1872. Photogravure, impression en noir sur chine appliquée. Nº Inventaire :  94.I.2.1134

© D. Doustin - mairie de Bordeaux